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   Nadia Coste - Les Fedeylins, livre 1
Les rives du monde

Nous allons suivre Nadia Coste, jeune auteur des Fedeylins, saga passionnante qui promet déjà de faire grand bruit. Voici une première interview, un mois avant la sortie du roman.
(2 autres suivront !)

  Nadia, vous publiez au mois de mars le premier tome de votre tétralogie, Les Fedeylins, comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie ?

C’est assez difficile à définir. Mes émotions fluctuent entre l’excitation de la sortie, un peu de stress face à l’inconnu, l’impatience de partager enfin cette histoire avec les lecteurs…
De manière très générale, je suis ravie de vivre cette grande étape dans la vie du livre. Et je suis consciente qu’on ne vit qu’une fois la sortie de son premier roman alors j’essaye d’en profiter au maximum.

Cela est-il déroutant d'imaginer des inconnus lire ce roman ?

Bien sûr ! On ne peut pas se mettre dans la tête du lecteur. Chacun a son vécu, interprète l’histoire à sa façon…
On ne sait jamais si l’histoire que l’on a voulu raconter va arriver jusqu’à l’esprit du lecteur sans être déformée.

Vous avez déjà d'excellentes critiques : comment réagissez-vous pour l'instant ?

J’essaye de rester sereine, de ne pas exploser de joie en courant dans mon salon à chaque bonne critique. D’abord parce que ça fait peur à mes enfants ! Et surtout parce que j’ai tendance à me mettre assez vite la pression pour les tomes à venir et mes autres écrits. J’espère qu’ils seront à la hauteur des critiques que reçoit « Les Rives du Monde » pour l’instant !
Les critiques positives peuvent me bloquer pour écrire sans me demander ce que les lecteurs vont en penser. Les critiques négatives aussi, sans doute. Et l’absence de critique me ferait me poser tout autant de questions !
Bref, j’accueille les critiques avec plaisir, je les lis, les partage (sur mon blog, par exemple), et puis j’essaye de ne plus y penser pour continuer d’écrire sans pression.

Pouvez-vous nous parler un peu du parcours du livre ?

Alors je vais faire chauffer du thé, parce que ça va être long !
Pour résumer, j’écrivais depuis quelques années quand j’ai décidé de chercher l’histoire qui mériterait d’aller au bout d’un processus éditorial. L’histoire dont on pourrait me parler toute ma vie, et dont je serais toujours fière. J’ai commencé par poser l’univers et la trame des quatre tomes (ça m’a pris un an), puis j’ai rédigé et corrigé le premier volume. Je l’ai envoyé en soumission à quelques maisons d’éditions et j’ai continué d’écrire le tome 2, puis le 3 et le 4. Les réponses des maisons d’éditions se sont étalées sur trois ans et étaient relativement identiques : des lettres type, m’indiquant que mon manuscrit ne correspondait pas à leur ligne éditoriale.
A ce moment là, je me suis douté qu’il devait y avoir autre chose, et j’ai cherché à améliorer le manuscrit. J’ai découvert le collectif CoCyclics et, très vite, je me suis rendu compte des erreurs de débutant, des petites choses qui alourdissent le style et sont facile à corriger. J’ai donc relevé mes manches et revu mon texte. Puis je l’ai soumis pour un cycle complet de bêta-lecture (plus d’information sur le site http://cocyclics.org). Il a été accepté avec enthousiasme !
Deux bêta-lectrices ont alors décortiqué tous les problèmes de fond (et je peux vous dire qu’il y en avait !) et j’ai corrigé une nouvelle fois le manuscrit pour y remédier. Puis quatre autre bêta-lecteurs se sont penchés sur la forme (jusqu’à la moindre virgule !) et ont validé mes modifications de fond : les problèmes étaient en grande partie résolus. J’ai intégré leurs remarques dans la huitième version du manuscrit qui allait retenter sa chance auprès des éditeurs.
Étonnement, ce n’est pas grâce à une soumission spontanée que mon manuscrit a été découvert. Les éditions Gründ venaient de lancer leur secteur fiction jeunesse et cherchaient des manuscrits d’auteurs francophones. Par bouche à oreille, Xavier Décousus a entendu parlé de mon roman, a lu le premier chapitre sur mon blog, et m’a demandé à lire la suite… quelques jours plus tard, il m’appelait, sous le charme de l’univers !
Je n’y croyais pas du tout. Il a fallu quelques semaines pour discuter de toutes les modalités (le découpage des tomes et le travail à prévoir pendant les deux ans où s’échelonneraient les sorties). Et puis nous avons signé !

Votre relation avec votre éditeur est-elle primordiale dans cette aventure ?

Absolument. Lorsque l’on est jeune auteur, il est difficile de séparer les images fantasmées du monde de l’édition et la réalité. Non seulement Xavier Décousus, mon éditeur, me guide pas à pas dans ce nouvel univers qui ne m’est pas familier, mais c’est le meilleur défenseur du livre ! Sa passion lorsqu’il parle de l’histoire ou des personnages me fait chaud au cœur. Je suis en confiance pour les corrections éditoriales car je sais que ses propositions vont toujours dans l’intérêt du roman. Et j’ai énormément de chance d’avoir mon mot à dire sur de nombreux points qui entourent le livre (par exemple, j’ai pu participer au travail sur la couverture, ce qui n’est pas le cas de tous les auteurs. Je suis informée des choix promotionnels autour du roman… avec  la possibilité de dire non !). Je ne me sens pas dépossédée de mon histoire, même si je la confie à quelqu’un d’autre.
Cette relation de confiance, de respect du travail et de la vision de l’autre, nous permet d’avancer concrètement ensemble sur le long terme.

Vous avez déjà tout écrit, cela ne sera-t-il pas difficile de garder le secret sur la suite ?

Ça va être extrêmement difficile ! J’ai déjà envie de vous parler des personnages que vous rencontrerez dans le tome 2, ou de cette formidable scène du 3 qui… ou bien sûr du moment vers là fin où…
Mais je ne dirai rien !

Quels sont vos mentors ? Vos influences ?

Je n’ai pas à chercher longtemps pour répondre à cette question ! C’est en lisant le premier tome de « L’assassin royal » de Robin Hobb que j’ai eu envie, non seulement d’écrire de la fantasy, mais de le faire assez sérieusement pour avoir un jour mon nom sur la couverture d’un roman (à vrai dire, les mots exacts que j’ai prononcé en refermant ce roman étaient « c’est ça que je veux faire dans la vie ! »).
Même encore maintenant, lorsque je lis un roman de Robin Hobb, je prends une leçon d’écriture, de caractérisation, de description, de structure… ou de points de vue. Je trouve des solutions à des problèmes de mes écrits en lisant les siens.
Je n’adhère pas à tous ses choix en bloc, mais justement, les points sur lesquels j’aurais fait autrement m’inspirent pour mes propres romans. Par exemple, vous découvrirez dans un des prochains tomes de « Fedeylins » un personnage hommage au fou… je me tais, j’en ai déjà trop dit !

Mettez-vous à la place du libraire :à qui conseilleriez-vous ce livre ?

Les adolescents, à partir de 13 ans peuvent tout à fait se retrouver dans ce premier tome, très initiatique.
Je pense que les adultes qui aiment être transportés dans un autre monde, s’immerger dans une autre culture, seront touchés par ce roman. Ceux qui aiment prendre le temps de découvrir un univers en détail l’apprécieront plus que ceux qui aiment les ambiances sombres, les grands guerriers et les méchants qui complotent. De ma connaissance des premiers retours, les femmes sont plus sensibles à l’univers de Fedeylins (pour l’instant) mais ce n’est pas une généralité.

Et si vous étiez enseignante, quels traits de votre roman mettriez-vous en avant ?

D’abord, les enseignants font un métier formidable que je serais bien incapable d’assurer !
En y réfléchissant, je pense qu’en fin de collège, les thèmes autour de la différence peuvent être intéressants à traiter. Le destin également.
En début de lycée, pourquoi ne pas axer sur les aspects autour de la dictature du bonheur ?
Plus tard (et peut-être davantage après la parution des autres tomes), la place des hommes en tant que reproducteurs dans la société peut être un aspect de l’histoire qui amène des réflexions.

Avez-vous un message particulier à faire passer ?

J’espère simplement que l’histoire plaira à ceux qui la liront !

Avez-vous des questions à poser à vos lecteurs ?

J’aime demander aux lecteurs quel est leur personnage préféré ! J’ai remarqué qu’il y a clairement les pro-Glark et les pro-Cahyl… je me demande si ça s’équilibre ou si l’un est préféré à l’autre…
Si vous voulez répondre à la question de Nadia Coste, envoyez un mail à sophie.trouffier@callioprofs.com