Entre chiens et loups
Malorie Blackman
Traduit de l'anglais par Amélie Sarn
  Milan, Macadam, 2005
A partir de 14 ans

Résumé de la quatrième
Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin... Et s'ils changeaient ce monde ?


Contenu

Best-seller en Grande-Bretagne, récompensé par de nombreux prix, Entre chiens et loups, premier volume d'une trilogie, m'a un peu déçue : l'intrigue est assez intéressante et le mode de narration, qui fait alterner les points de vue des deux personnages principaux, est attirante au premier abord, cependant, elle finit par créer des lenteurs et l'interêt s'essouffle peu à peu. La société ségrégative décrite a pour trait principal d'inverser le rapport que nous connaissons depuis des siècles : les blancs deviennent les opprimés, les noirs dirigeant le pays. Le reste semble, dans ce premier volume, assez proche de nos sociétés contemporaines. Cette inversion un peu facile, plutôt qu'originale comme je l'ai lu à droite à gauche, ne s'assortit pas d'une réflexion sur les origines de cette ségrégation, il s'agit surtout de dénoncer à travers la réécriture de Roméo et Juliette, les inégalités dont ont été victimes les noirs aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud et de montrer comment le terrorisme se dévellope dans de telles conditions. Rien de bien neuf en fait ! La fin m'a largement déplu : les drames vécus par la famille de Callum le mènent tragiquement à la violence, comme s'il n'y avait pas d'autres voies, et cela est largement discutable. Là où ce livre présente des qualités, c'est dans sa subtilité à présenter les réactions des deux communautés vis à vis l'une de l'autre à travers les faits de Callum et surtout de Sephy : sa présence à l'enterrement ou à l'exécution, son intervention devant le lycée dévoilent la complexité de la situation, il n'y a pas seulement des bons et des méchants, on n'échappe pas si facilement à son rang social, même animé des meilleures intentions.

En fait, ce roman n'est pas mauvais en soi, il se lit, sans plus... et ne donne pas grande envie d'attaquer le deuxième tome. Mais les critiques dithyrambiques que je lis m'y amèneront peut-être !

Intérêt pédagogique

Pour des élèves attirés par ce genre de roman manifeste, mais on les dirigera tout aussi bien vers de trés bons romans historiques sur l'Afrique du Sud ou les Etats-Unis à l'époque de la ségrégation.


Liens


Le site de Malorie Blackman (en anglais)