| Le
fils de l'océan Brigitte Hammer Rageot, Cascade, 2005 Prix Livre mon ami 2006 à partir de 11 ans |

| Présentation
de
l'éditeur
Tout avait
bien commencé le jour de mes treize ans. Maman m'avait fait
mon dessert préféré, le " gâteau de la mort
", qui ruisselle de
chocolat fondu. J'avais aussi reçu les plus beaux sourires des
filles
de ma classe, qui succombent toutes à mon charme
dévastateur. Et puis
Ici lettre était arrivée. Et je l'avais ouverte. Elle
affirmait que je
n'étais pas le fils de mes parents mais un enfant adopté,
né sur une
île de Polynésie...
Contenu Roman inverse de
Taourama et le
lagon bleu dans lequel Janine
Teisson racontait le départ d'un enfant
polynésien vers la France à la recherche de son
père, Le Fils de
l'océan est le récit
du retour d'un enfant fa'a'amu sur le territoire à la recherche
de sa mère naturelle. Développant avec attention
et réalisme les tourments de Gustave, découvrant
à 13 ans qu'il a été
adopté, ce court roman a le mérite de parler de
cette pratique et de dénoncer ses abus, causés
par l'avidité de ces parents en mal d'enfants qui ne
comprennent pas, ou se fichent, des traditions
polynésiennes. Ce n'est pas le cas des parents de Gustave
quoique ceux-ci aient abandonné un peu vite
l'idée de conserver le lien indispensable entre la
mère et son enfant "donné" et non
abandonné. On apprécie donc la justesse de
certains passages et la fine description des réactions du
jeune héros. Il est cependant regrettable que l'image des
polynésiens soit réduite à celle de
buveurs de Hinano,
la
bière locale ou à celle de gens très gentils mais
un peu benêts. Il est peu probable qu'à Tikehau,
où la communauté ne rassemble que 200 personnes,
on ait oublié l'existence d'une enfant de l'île !
De même l'idée qu'on ne mange que du poisson cru
chez les polynésiens est un stéréotype
dommageable aux qualités pourtant certaines de ce roman !
Pour en finir avec les critiques, les illustrations sont assez
mauvaises, copiées-collées sur des images comme
celles de la vahiné Hinano ou totalement
décalées d'avec l'histoire et même la
réalité pour la couverture ! On dirait Bora-Bora,
mais sans un arbre sur le caillou ! L'ensemble se lit quand
même bien mais de jeunes polynésiens risquent
d'être dérangés voire
choqués par ces détails peu respectueux ! On
félicitera l'auteur pour avoir abordé et bien
traité le sujet mais pas pour sa façon de
représenter la Polynésie ni la quête de Gustave.
Facile
à lire, ce roman est intéressant pour des Popa'as mais
risque de déplaire à des polynésiens qui ne se
reconnaîtront pas forcément dans des détails forts
de sens pour eux. Signalons cependant le petit carnet de la fin qui est
intéressant pour les métropolitains qui ne connaissent en
général pas grand chose de la Polynésie
française. Lien
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