| La
ballade de Lucy Whipple Karen Cushman Traduction de l'américain de Raphaël Fetjö Médium, L'école des loisirs, 2002 A partir de 12 ans |
| Résumé
de la
quatrième
« Je n’étais pas une Californienne, fruste et sale. J’étais une enfant des riches pâturages et de la neige qui tombait doucement à Pâques, j’étais une enfant des maisons à deux étages et des églises avec des clochers, j’étais une enfant des crèmeries, des boulangeries, des magasins, j’étais une dame de l’Est qu’on avait amenée de force dans l’Ouest sauvage. » Ainsi parle Californie Whipple, douze ans, baptisée de ce doux nom de terre promise par des parents idéalistes, emmenée de force de son Massachusetts natal jusqu’à l’autre bout du continent et qui pose un regard sévère, lucide et consterné sur sa nouvelle maison : une tente plantée au milieu d’un tas de boue et de poussière et cernée par des chercheurs d’or alcooliques et incultes. Son premier acte de résistance est de changer de prénom. « Je ne peux pas haïr la Californie et m’appeler Californie » déclare-t-elle, dans un élan de cohérence. Lucy lui paraît distingué et décidé. Puis elle tente de s’en sortir en écrivant des lettres à ses grands-parents restés dans la civilisation, et en relisant inlassablement le seul livre qu’elle possède, Ivanhoé, gagné dans un concours d’orthographe à l’école. Lire et écrire peuvent sauver, Lucy le sait mais quand, à sa demande pressante de munitions, les grands-parents lui expédient pour Noël le Petit Livre Chrétien des Pensées Pieuses, elle est désappointée, allez savoir pourquoi. Et lorsqu’elle se rend compte que les connaissances culturelles de son frère Canyon se limitent à quarante-huit noms d’alcools, dont les célèbres rétame-moi, pisse de panthère, peinture de nez et jus de coccinelle, et que sur cette terre où même le langage est différent, rempli de « sacré nom d’une veine » et de « est-ce que t’aurais pas une pioche dans tes affaires ? », les choses ne risquent pas de s’améliorer, toute l’énergie de Lucy tend désormais vers un seul but : rentrer chez elle, là-bas, à la maison. Cuire des tartes, les vendre, économiser, et PARTIR. Mais les tas de poussière et les grossiers personnages peuvent réserver de sacrées surprises. ContenuExcellent roman,
cocasse et
à
l'intrigue originale. La ballade de Lucy Whipple est vraiment amusante
et nous plonge dans un univers improbable pour cette jeune fille
rêveuse : la ruée vers l'or ! Récit
historique
humoristique, il n'en reste pas moins un bon document sur
l'époque et l'on découvre l'existence
des
chercheurs d'or, la vie dans ces petites villes minières
nées de rien, en toile mais qui sont le seul foyer de ces
hommes
avides d'une nouvelle chance. L'occasion d'aborder
aussi la
question du racisme et de la fin de l'esclavage. L'humour
trés
présent ne fait pas oublier la dureté de la vie
de ces
gens mais il y apporte une touche bienvenue pour les adolescents.
Enfin, il y a cette importance du livre et de la connaissance avec ces
romans qui traversent les montagnes et se transmettent de campements en
campements...Une ballade en l'honneur du pouvoir magique de la
littérature, qui fait rêver ces hommes en lieu et
place de
l'or qui ne fleurit pas beaucoup plus en Californie qu'ailleurs ! Ce livre peut être proposé en cinquième, autour des récits de voyage et par la suite sans risque d'ennui jusqu'au lycée. L'occasion pour els adolescents d'imaginer la vie de chercheur d'or et ses aspects terribles. Un joli plaidoyer sur l'importance de la lecture aussi. |