Résumé
de la
quatrième
«
Je
n’étais pas une Californienne, fruste et sale.
J’étais une enfant
des riches pâturages et de la neige qui tombait doucement
à Pâques,
j’étais une enfant des maisons à deux
étages
et des églises avec des
clochers, j’étais une enfant des
crèmeries, des
boulangeries, des
magasins, j’étais une dame de l’Est
qu’on
avait amenée de force dans
l’Ouest sauvage. »
Ainsi parle Californie Whipple, douze ans, baptisée de ce
doux
nom de
terre promise par des parents idéalistes, emmenée
de
force de son
Massachusetts natal jusqu’à l’autre bout
du
continent et qui pose un
regard sévère, lucide et consterné sur
sa nouvelle
maison :
une tente
plantée au milieu d’un tas de boue et de
poussière
et cernée par des
chercheurs d’or alcooliques et incultes.
Son premier acte de résistance est de changer de
prénom.
« Je ne peux
pas haïr la Californie et m’appeler Californie
»
déclare-t-elle, dans
un élan de cohérence. Lucy lui paraît
distingué et décidé.
Puis elle tente de s’en sortir en écrivant des
lettres
à ses
grands-parents restés dans la civilisation, et en relisant
inlassablement le seul livre qu’elle possède,
Ivanhoé, gagné dans un
concours d’orthographe à
l’école. Lire et
écrire peuvent sauver, Lucy
le sait mais quand, à sa demande pressante de munitions, les
grands-parents lui expédient pour Noël le Petit
Livre
Chrétien des
Pensées Pieuses, elle est
désappointée, allez
savoir pourquoi.
Et lorsqu’elle se rend compte que les connaissances
culturelles
de son
frère Canyon se limitent à quarante-huit noms
d’alcools, dont les
célèbres rétame-moi, pisse de
panthère,
peinture de nez et jus de
coccinelle, et que sur cette terre où même le
langage est
différent,
rempli de « sacré nom d’une veine
» et de
« est-ce que t’aurais pas une
pioche dans tes affaires ? », les choses ne risquent pas de
s’améliorer, toute l’énergie
de Lucy tend
désormais vers un seul but :
rentrer chez elle, là-bas, à la maison. Cuire des
tartes,
les vendre,
économiser, et PARTIR.
Mais les tas de poussière et les grossiers personnages
peuvent
réserver
de sacrées surprises.
Contenu
Excellent
roman, cocasse et à l'intrigue originale. La ballade de Lucy
Whipple
est vraiment amusante et nous plonge dans un univers improbable pour
cette jeune fille rêveuse : la ruée vers l'or !
Récit historique
humoristique, il n'en reste pas moins un bon document sur
l'époque et
l'on découvre l'existence des chercheurs d'or, la
vie dans ces petites
villes minières nées de rien, en toile mais qui
sont le seul foyer de
ces hommes avides d'une nouvelle chance. L'occasion
d'aborder aussi
la question du racisme et de la fin de l'esclavage. L'humour
trés
présent ne fait pas oublier la dureté de la vie
de ces gens mais il y
apporte une touche bienvenue pour les adolescents. Enfin, il y a cette
importance du livre et de la connaissance avec ces romans qui
traversent els montagnes et se transmettent de campements en
campements...Une ballade en l'honneur du pouvoir magique de la
littérature, qui fait rêver ces hommes en lieu et
place de l'or qui ne
fleurit pas beaucoup plus en Californie qu'ailleurs !
Intérêt
pédagogique
Ce
livre peut être proposé en cinquième,
autour des récits de voyage et
par la suite sans risque d'ennui jusqu'au lycée. L'occasion
pour els
adolescents d'imaginer la vie de chercheur d'or et ses aspects
terribles. Un joli plaidoyer sur l'importance de la lecture aussi. |